L’Eglise catholique au Rwanda dans la joie de célébrer Pâques après deux ans d’entrave

Les évêques catholiques du Rwanda se réjouissent de célébrer solennellement Pâques avec tous les fidèles après que les restrictions imposées par la pandémie de Covid-19 aient entravé cette célébration dans sa plénitude au cours des deux dernières années.

Cette joie qui remplit le cœur de ces pasteurs de l’Église catholique au Rwanda se lit dans leur message aux fidèles pour Pâques 2022, rendu public à la veille du Triduum Pascal, le mercredi 13 avril 2022.
Par ce message signé le 30 mars 2022, par tous les évêques membres de la Conférence épiscopale du Rwanda (CEPR), ces prélats rendent grâce à Dieu qui, par son immense miséricorde, leur accorde de célébrer cette Pâques, réunis en une famille de Dieu.
« Nous rendons grâce à Dieu qui nous permet de célébrer cette Pâques, réunis, en Famille de Dieu, sans être gênés par les restrictions imposées par la pandémie de coronavirus qui nous ont empêchés de nous réunir librement », ont-ils écrit.

Etre témoins de vie et d’espérance
Partant des tribulations vécues ces deux dernières années, les évêques catholiques du Rwanda rappellent aux fidèles que le Seigneur Jésus-Christ ressuscité est toujours avec eux, marchant avec eux dans toutes leurs voies, même là où ils ne l’attendent pas, comme c’était le cas des disciples qui se rendaient à Emmaüs. Ainsi, ils les exhortent à se libérer de la peur de la mort, à être des témoins de vie et d’espérance et à vaincre le mal par le bien.
Ils leur annoncent que le Ressuscité est leur force et leur espérance, il reste proche d’eux pour qu’ils ne soient pas retenus par la mort ou toute autre vie amère, mais plutôt qu’ils soient des témoins de vie et d’espérance., continuant à prêcher la Bonne Nouvelle du salut, aujourd’hui et toujours, en paroles et en actes.
« Comme Saint Paul l’a écrit aux Corinthiens, partant de son expérience des moments difficiles qu’il a traversés, nous sommes aussi appelés à nous lever et à témoigner continuellement que le Christ est le Vivant pour nous fortifier. Bâtissons sur lui notre espérance et jouissons de la libération obtenue par sa résurrection… […]. Nous croyons que dans sa miséricorde, Dieu nous donne la force de lutter pour la victoire du bien sur le mal », lit-on dans le message.
Le malheur enseigne
Selon les évêques catholiques du Rwanda, les moments difficiles que les chrétiens traversent et dont les conséquences pèsent encore sur eux, leur ont rappelés l’importance de la solidarité et le risque d’individualisme et leur ont appris d’autres valeurs chrétiennes. Par ici, ils saluent le dévouement de beaucoup d’entre eux à travers diverses activités telles que le bénévolat pour la vie, le soin des pauvres et des nécessiteux, et le réconfort des familles endeuillées forcées d’enterrer seules les leurs. En effet, ces temps leur ont appris à bien planifier, à ne pas vivre l’individualisme indifférent, et à éviter la laïcité et les distractions éphémères.
« Ce n’est pas seulement dans la vie ordinaire que Dieu a montré sa grâce en ces temps, mais aussi dans notre vie spirituelle, car nous sommes devenus de plus en plus conscients de la valeur de la famille en tant qu’Église domestique, où nous partageons la vie, la parole de Dieu et la prière », renchérissent-ils.

L’ultime observance du jour du Seigneur
Le fait que, dans le temps passé, les chrétiens ne pouvaient pas se réunir librement pour prier, célébrer l’Eucharistie, recevoir les sacrements correctement, a été pour certains d’entre eux la cause de l’apostasie de la foi, s’écartant des traditions chrétiennes, y compris l’observance du jour du Seigneur.
D’autres commencent à penser qu’ils peuvent prier chez eux grâce à l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication.
A tous ceux-là, les évêques avertissent : « Jamais, suivre la messe à la radio ou à la télévision ne remplacerait le rassemblement sur place pour célébrer ensemble l’Eucharistie et recevoir correctement les sacrements. Recevons avec joie toutes les bonnes choses que Dieu donne, mais exerçons-nous à les utiliser avec sagesse, afin qu’elles existent pour glorifier Dieu et édifier sa famille ».
DOCICO/CEPR