Dim – Vr – VINGT-SIXIEME DIMANCHE DU TEMPS...

26. Dim – Vr – VINGT-SIXIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE - G, C, Préf. dominicale -1è lecture : Nb 11, 25-29 ; Ps 19 (18), 8, 10, 12-13, 14 ; 2è lecture : Jc 5, 1-6 ; Évangile : Mc 9, 38-43.45.47-48. Méditation donnée par l’Abbé Valens NSABAMUNGU, prêtre du Diocèse de BYUMBA.

PREMIERE LECTURE – livre des nombres 11, 25-29
En ces jours-là,
25 Le SEIGNEUR descendit dans la nuée
pour parler avec Moïse.
Il prit une part de l’esprit qui reposait sur celui-ci,
et le mit sur les soixante-dix anciens.
Dès que l’esprit reposa sur eux, ils se mirent à prophétiser,
mais cela ne dura pas.
26 Or, deux hommes étaient restés dans le camp ;
l’un s’appelait Eldad, et l’autre Médad.
L’esprit reposa sur eux ;
Eux aussi avaient été choisis, mais ils ne s’étaient pas rendus à la Tente,
et c’est dans le camp qu’ils se mirent à prophétiser.
27 Un jeune homme courut annoncer à Moïse :
« Eldad et Médad prophétisent dans le camp ! »
28 Josué, fils de Noun, auxiliaire de Moïse depuis sa jeunesse,
prit la parole :
« Moïse, mon maître, arrête-les ! »
29 Mais Moïse lui dit :
« Serais-tu jaloux pour moi ?
Ah ! Si le SEIGNEUR pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes !
Si le SEIGNEUR pouvait mettre son esprit sur eux ! »

PSAUME – 18 (19),8.10.12-13.14
8 La loi du SEIGNEUR est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du SEIGNEUR est sûre,
qui rend sages les simples.
10 La crainte qu’il inspire est pure
elle est là, pour toujours ;
les décisions du SEIGNEUR sont justes
et vraiment équitables.
12 Aussi ton serviteur en est illuminé ;
à les garder, il trouve son profit.
13 Qui peut discerner ses erreurs ?
Purifie-moi de celles qui m’échappent.
14 Préserve aussi ton serviteur de l’orgueil :
qu’il n’ait sur moi aucune emprise.
Alors je serai sans reproche,
pur d’un grand péché.

DEUXIEME LECTURE – lettre de Saint Jacques 5, 1 – 6
1 Vous autres, maintenant, les riches !
Pleurez, lamentez-vous,
sur les malheurs qui vous attendent.
2 Vos richesses sont pourries,
vos vêtements sont mangés des mites,
3 votre or et votre argent sont rouillés.
Cette rouille sera un témoignage contre vous,
elle dévorera votre chair comme un feu.
Vous avez amassé des richesses,
alors que nous sommes dans les derniers jours !
4 Le salaire dont vous avez frustré les ouvriers
qui ont moissonné vos champs,
le voici qui crie,
et les clameurs des moissonneurs
sont parvenues aux oreilles du Seigneur de l’univers.
5 Vous avez mené sur terre une vie de luxe et de délices
et vous vous êtes rassasiés
au jour du massacre.
6 Vous avez condamné le juste et vous l’avez tué,
sans qu’il vous oppose de résistance.

EVANGILE – selon Saint Marc 9, 38-43. 45. 47-48
En ce temps-là,
38 Jean, l’un des Douze, disait à Jésus :
« Maître, nous avons vu quelqu’un
expulser les démons en ton nom ;
nous l’en avons empêché,
car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »
39 Jésus répondit :
« Ne l’en empêchez pas,
car celui qui fait un miracle en mon nom
ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;
40 celui qui n’est pas contre nous
est pour nous.
41 Et celui qui vous donnera un verre d’eau
au nom de votre appartenance au Christ,
amen, je vous le dis,
il ne restera pas sans récompense.
42 Celui qui est un scandale, une occasion de chute
pour un seul de ces petits qui croient en moi,
mieux vaudrait pour lui
qu’on lui attache au cou
une de ces meules que tournent les ânes,
et qu’on le jette à la mer.
43 Et si ta main est pour toi une occasion de chute,
coupe-la.
Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle
que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains,
là où le feu ne s’éteint pas.
45 Si ton pied est pour toi une occasion de chute,
coupe-le.
Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle
que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds.
47 Si ton oeil est pour toi une occasion de chute,
arrache-le.
Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu
que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux,
48 là où le ver ne meurt pas
et où le feu ne s’éteint pas. »

MEDITATION
Les lectures d’aujourd’hui nous invitent à l’amour fraternel et filial. L’amour fraternel nous renvoie au respect mutuel (1ère lecture et l’Evangile) et à la protection des droits des faibles et des pauvres (2ème lecture). L’amour filial nous appelle à honorer Dieu pour sa bonté. Dans la première comme dans l’Evangile, il s’agit des charismes que Dieu donne à profusion aux hommes sans distinction. Ce qui conduirait à l’émerveillement et non à la l’esprit de jalousie ou d’envie.
Alors que la jalousie veut supprimer l’autre pour occuper sa place, l’envie renvoie à convoiter ses biens. Dans tout état de cause, il s’agit de l’atteinte à la personne. Dans la première lecture, Josué demande à Moïse d’empêcher ceux qui ne sont pas des « officiels » de prophétiser. Et Moïse de répondre : « Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! » Dieu nous appelle à ne pas convoiter le bien ou le talent d’autrui. L’esprit de comparaison et d’exclusion coule dans le coeur de bien de gens. Pourquoi l’autre est (plus) riche que moi (alors qu’il ne travaille pas plus que moi) ? Pourquoi il est (plus) gradé que moi ? Voilà d’où viennent les guerres, l’autodestruction du gerne humain et du cosmos, au lieu de vivre en paix et se souhaiter du bien.
Le disciple bien-aimé tombe dans cet esprit de comparaison et d’exclusion. Dans l’Evangile, Jean dit à Jésus : « quelqu’un qui n’est pas de notre groupe chassait les démons et nous voulions l’enpêcher ». Jésus demande de le laisser faire. Moïse et Jésus invitent à la tolérance et à l’ouverture envers ceux et celles qui sont différents de nous. Ce dimanche pourrait être celui de l’œcuménisme et du respect des diversités.
Dans le monde où l’on se dispute la supplématie et la grandeur, Jésus nous invite à l’humilité et à l’amour fraternel. L’humilité contre l’esprit de grandeur, de comparaison, de jalousie et d’envie. L’amour fraternel nous appelle à la justice sociale qui exclue toute atteinte aux droits humains et à la spoliation des biens des pauvres.
Les textes bibliques d’aujourd’hui nous invitent à réfléchir sur nos préjugés et nos exclusions. L’ouverture ne nous oblige pas à renoncer à notre propre identité chrétienne, au contraire elle la renforce, non dans l’affrontement mais dans le dialogue.
Par les lectures d’aujourd’hui, nous apprenons qu’en dehors de l’Église, il y plein de salut, que des milliers de gens chassent les demons ; c’est à dire qu’ils luttent contre le mal, la maladie, les préjugés et la discrimination. Il existe, au-delà de notre sphère sociale, de nombreuses personnes qui font un travail exceptionnel dans un grand esprit de fraternité et d’engagement. Ici et ailleurs, l’Esprit souffle, imprévisible, libre comme le vent (Jean 3,8).
Le Christ nous invite aujourd’hui à être ouverts à ceux et celles qui veulent faire le bien, à être édifiés par leur engagement, à admirer le beau travail que font ceux et celles qui ne sont pas de notre groupe, de notre région, de notre religion, de nos sensibilités idéologiques, de notre nationalité. La paix du Christ soit avec vous ! Amen.
Abbé Valens NSABAMUNGU, prêtre du Diocèse de BYUMBA