Dimanche, 07/10/2018

7. Dim - Vr - VINGT-SEPTIEME DIMANCHE DU TEMPS
ORDINAIRE - G, C, P dominicale - 1e lecture : Gn 2,18 - 24 ; Ps 128(127), 1-2, 3, 4.5c.6a ; 2e lecture : He 2, 9 - 11 ; Évangile : Mc 10, 2 - 16.

Homélie donnée par le Père Bernard DOURWE, Rcj.

PREMIERE LECTURE – livre de la Genèse 2, 18 – 24

18 Le SEIGNEUR dit :
« Il n’est pas bon que l’homme soit seul.
Je vais lui faire une aide qui lui correspondra. »
19 Avec de la terre, le SEIGNEUR Dieu modela
toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel,
et il les amena vers l’homme
pour voir quels noms il leur donnerait.
C’étaient des êtres vivants,
et l’homme donna un nom à chacun.
20 L’homme donna donc leurs noms
à tous les animaux,
aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes des champs.
Mais il ne trouva aucune aide qui lui corresponde.
21 Alors le SEIGNEUR Dieu fit tomber sur lui un sommeil mystérieux,
et l’homme s’endormit.
Le SEIGNEUR Dieu prit une de ses côtes,
puis il referma la chair à sa place.
22 Avec la côte qu’il avait prise à l’homme,
il façonna une femme
et il l’amena vers l’homme.
23 L’homme dit alors :
« Cette fois-ci, voilà l’os de mes os
et la chair de ma chair !
On l’appellera : femme – Ishsha -,
elle qui fut tirée de l’homme – Ish. »
24 A cause de cela,
l’homme quittera son père et sa mère,
il s’attachera à sa femme,
et tous deux ne feront plus qu’un.

PSAUME – 127 (128) 1-2, 3, 4.5c.6a

1 Heureux qui craint le SEIGNEUR
et marche selon ses voies !
2 Tu te nourriras du travail de tes mains :
Heureux es-tu ! A toi, le bonheur !
3 Ta femme sera dans ta maison
comme une vigne généreuse,
et tes fils, autour de la table,
comme des plants d’olivier.
4 Voilà comment sera béni
l’homme qui craint le SEIGNEUR.
5 De Sion, que le SEIGNEUR te bénisse !
Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie,
6 et tu verras les fils de tes fils.
Paix sur Israël.

DEUXIEME LECTURE – lettre aux Hébreux 2, 9-11

Frères,
9 Jésus, qui a été abaissé un peu au-dessous des anges,
nous le voyons couronné de gloire et d’honneur
à cause de sa Passion et de sa mort.
Si donc il a fait l’expérience de la mort,
c’est, par grâce de Dieu, au profit de tous.
10 Celui pour qui et par qui tout existe
voulait conduire une multitude de fils jusqu’à la gloire ;
c’est pourquoi il convenait qu’il mène à sa perfection,
par des souffrances,
celui qui est à l’origine de leur salut.
11 Car celui qui sanctifie
et ceux qui sont sanctifiés
doivent tous avoir même origine ;
pour cette raison,
Jésus n’a pas honte de les appeler ses frères.

EVANGILE – selon Saint Marc 10, 2-16

En ce temps-là,
2 des pharisiens abordèrent Jésus
et pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient :
« Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »
3 Jésus leur répondit :
« Que vous a prescrit Moïse ? »
4Ils lui dirent :
« Moïse a permis de renvoyer sa femme
à condition d’établir un acte de répudiation. »
5 Jésus répliqua :
« C’est en raison de la dureté de vos coeurs
qu’il a formulé pour vous cette règle.
6 Mais, au commencement de la création,
Dieu les fit homme et femme.
7 A cause de cela,
l’homme quittera son père et sa mère,
8 il s’attachera à sa femme,
et tous deux deviendront une seule chair.
Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.
9 Donc, ce que Dieu a uni,
que l’homme ne le sépare pas ! »
10 De retour à la maison,
les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question.
11 Il leur déclara :
« Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre
devient adultère envers elle.
12 Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre,
elle devient adultère. »
13 Des gens présentaient à Jésus des enfants
pour qu’il pose la main sur eux ;
mais les disciples les écartèrent vivement.
14 Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit :
« Laissez les enfants venir à moi,
ne les empêchez pas,
car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.
15 Amen, je vous le dis :
celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu
à la manière d’un enfant,
n’y entrera pas. »
16 Il les embrassait
et les bénissait en leur imposant les mains.

MEDITATION

Un dimanche placé sous le signe de la famille, un dimanche pour redécouvrir la grandeur de la famille : telle est l’invitation de la Parole de Dieu, si concrète pour notre quotidien. Pour le Créateur (1ère lecture), une seule loi : entre l’homme et la femme, il y a parfaite égalité, même dignité. Et pour le Père de tous les hommes, tous ses enfants forment une grande famille (2ème lecture). Au nom de l’amour, Jésus redit aussi la grandeur indissoluble du mariage (Evangile). Une exigence, pour le bonheur.

Dans la première lecture, l’auteur du livre de la Genèse nous dit, sous une forme imagée, quelle est l’origine du premier couple humain : c’est Dieu qui a créé l’homme et la femme, égaux et complémentaires l’un de l’autre pour que, unis dans le mariage, ils constituent un couple stable. Le secret de leur bonheur réside dans l’amour qu’ils ont l’un pour l’autre dans le respect de la différence.

Dans la deuxième lecture, l’auteur de la lettre aux Hébreux s’est donné pour objet d’exalter le sacerdoce du Christ : Jésus est le prêtre parfait. Pour réaliser le plan de Dieu, il a pris la condition humaine et subi la Passion et la mort avant de ressusciter. Il s’est fait solidaire des hommes et serviteur du dessein de son Père pour rétablir l’Alliance entre Dieu et les hommes.

A partir d’une question que lui posent les Pharisiens sur la licité du divorce, Jésus dans l’extrait de l’Evangile proposé à notre méditation, exalte l’idéal du mariage, tel que Dieu l’a voulu et établi dès l’origine : réaliser entre l’homme et la femme une union de cœur, d’esprit, de volonté, d’amour en définitive : l’union charnelle en sera le signe. Dans cette perspective, le divorce n’a aucunement sa place dans le langage et la vie des enfants de Dieu. Car le devoir de fidélité de l’homme et de la femme découle de celle de Dieu qui ne remet jamais en cause l’Alliance conclue avec les siens une fois pour toutes.

La famille reste le premier lieu de l’apprentissage de l’amour et de la découverte de la foi en Dieu. Nous sommes porteurs de la vie de nos familles : nos bonheurs d’être ensemble et nos blessures, nos moments de joie partagée et nos solitudes. A tous, le Seigneur ouvre son Royaume : sachons nous émerveiller devant l’amour sans limites qu’il nous manifeste, à nous qui sommes ses enfants. Des nombreuses familles vivent aujourd’hui de nombreuses crises. Elles n’ont plus l’occasion d’être ensemble autour des mêmes idéaux. Les enfants sont abandonnés à eux-mêmes dans l’éducation ou à des tierces personnes externes à elles. L’unité initiale voulue de Dieu dans l’amour est remplacée par de nombreux conflits, des luttes d’intérêts égoïstes. On n’ose plus affronter les problèmes en face dans un dialogue franc et sincère. Les infidélités ont gagné du terrain et sont devenues avec le divorce une mode. Certains préfèrent fuir leur responsabilité en évitant de se marier mais en vivant des situations matrimoniales irrégulières et illégales.

Devant toutes ces situations alarmantes que connaissent les familles, la parole de Dieu veut nous ramener à l’essentiel : le mariage a été voulu de Dieu dès le commencement de la création afin que l’homme et la femme s’unissant dans l’amour, la fidélité cheminent ensemble dans la complémentarité des êtres pour continuer l’œuvre de la création entreprise par Dieu. Aucun homme n’a donc ni le pouvoir, ni le droit de séparer ce que Dieu a uni.

Dieu de l’Alliance éternelle, tu as créé l’homme et la femme à ton image, et tu leur as donné un cœur capable d’aimer. Nous t’en prions : donne à nos familles d’être des lieux d’écoute et de partage, où chacun est accueilli avec ce qui fait sa vie. Nous serons ainsi des signes vivants de ton amour pour tout homme, toi qui règnes avec ton Fils Jésus et l’Esprit Saint, maintenant et pour les siècles des siècles.
Père Bernard Dourwe, Rcj.