Dimanche 30/11/2025, Premier dimanche de l’Avent Couleur liturgique : Violet, Première lecture : Isaïe 2,1-5 ; Psaume : 122(121) ; Deuxième lecture : Rom 13, 11-14a ; Evangile : Mt 24, 37-44
Première lecture
Lecture du livre du prophète Isaïe
Le Seigneur rassemble toutes les nations dans la paix éternelle du royaume de Dieu
Parole d’Isaïe, – ce qu’il a vu au sujet de Juda et de Jérusalem. Il arrivera dans les derniers jours que la montagne de la maison du Seigneur se tiendra plus haut que les monts, s’élèvera au-dessus des collines. Vers elle afflueront toutes les nations et viendront des peuples nombreux. Ils diront : « Venez ! montons à la montagne du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob ! Qu’il nous enseigne ses chemins, et nous irons par ses sentiers. » Oui, la loi sortira de Sion, et de Jérusalem, la parole du Seigneur.
Il sera juge entre les nations et l’arbitre de peuples nombreux. De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre. Venez, maison de Jacob ! Marchons à la lumière du Seigneur.
Psaume 121 (122)
Écouter le psaume
Refrain : Dans la joie, nous irons à la maison du Seigneur.
Quelle joie quand on m’a dit :
« Nous irons à la maison du Seigneur ! »
Maintenant notre marche prend fin
devant tes portes, Jérusalem ! R
Jérusalem, te voici dans tes murs :
ville où tout ensemble ne fait qu’un !
C’est là que montent les tribus,
les tribus du Seigneur. R
C’est là qu’Israël doit rendre grâce
au nom du Seigneur.
C’est là le siège du droit,
le siège de la maison de David. R
Appelez le bonheur sur Jérusalem :
« Paix à ceux qui t’aiment !
Que la paix règne dans tes murs,
le bonheur dans tes palais ! » R
À cause de mes frères et de mes proches,
je dirai : « Paix sur toi ! »
À cause de la maison du Seigneur notre Dieu,
je désire ton bien. R
Deuxième lecture
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (13, 11-14a)
« Le salut est plus près de nous »
Frères, vous le savez : c’est le moment, l’heure est déjà venue de sortir de votre sommeil. Car le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants. La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière. Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans orgies ni beuveries, sans luxure ni débauches, sans rivalité ni jalousie, mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ.
Évangile
Écouter l’évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (24, 37-44)
Veillez pour être prêts
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme. En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme. Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée. Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »
MÉDITATION
Nous commençons une nouvelle année liturgique, avec ce premier dimanche de l’Avent. Comme on le sait, le mot « avent » vient du latin « adventus » qui signifie « avènement » ou « arrivée », et fait donc référence à la commémoration de la venue de Jésus, Fils de Dieu, dans le monde en se faisant chair pour notre salut. Mais en nous faisant revivre l’Avent chaque année, l’Église nous invite à ne pas voir dans ce temps un simple rappel d’un évènement qui appartient au passé, c’est-à-dire à ne pas considérer l’avènement de Jésus comme un évènement qui appartient à une histoire lointaine vécue dans le passé. Mais bien plus, nous sommes appelés à voir la venue de Jésus comme un évènement qui se renouvelle sans cesse et appelé à s’accomplir dans le futur. C’est ainsi que Saint Bernard parle d’une triple venue du Seigneur : « Nous savons qu’il y a une triple venue du Seigneur… Dans sa première venue il a paru sur la terre et il a vécu avec les hommes, lorsqu’ils l’ont vu et l’ont pris en haine. Mais lors de sa dernière venue, toute chair verra le salut de Dieu… La venue intermédiaire, elle, est cachée : les élus seuls la voient au fond d’eux-mêmes, et leur âme est sauvée. Ainsi il est venu d’abord dans la chair et la faiblesse ; puis, dans l’entre-deux, il vient en esprit et en puissance ; enfin il viendra dans la gloire et la majesté ».
C’est de cette dernière venue que parle Jésus en la présentant comme quelque chose qui doit arriver et à laquelle on doit se préparer : « Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme… Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient ». La réalité de la venue ultime du Seigneur et la sagesse de savoir l’attendre, voila donc les deux grands thèmes de l’Évangile de ce dimanche.
1. Le Seigneur reviendra dans la gloire…
Jésus affirme le fait de sa venue dans l’Évangile selon Matthieu comme un évènement dont on ignore l’heure et le jour : « Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais seulement le Père, et lui seul » (Mt 24, 36). Pour parler de cette imprévisibilité de sa venue et nous invite à nous y préparer sagement, Jésus emprunte une image ou la comparaison avec un évènement du passé connu de ses auditeurs : le déluge du temps de Noé (Gen 6, 1–9, 29).
Nous nous arrêtons sur deux éléments de cette comparaison plus intéressants pour nous. D’abord, nous voyons d’une part que le déluge est décrit comme un évènement qui concerne tout le monde, Noé et ses contemporains, comme une punition que Dieu envoie à l’ensemble des hommes de ce temps-là à cause de leur immoralité : « Le Seigneur vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre, et que toutes les pensées de son cœur se portaient uniquement vers le mal à longueur de journée. Le Seigneur se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre ; il s’irrita en son cœur et il dit : « Je vais effacer de la surface du sol les hommes que j’ai créés – et non seulement les hommes mais aussi les bestiaux, les bestioles et les oiseaux du ciel – car je me repens de les avoir faits » (Gen 6, 5-7). Mais, d’autre part, nous voyons s’ouvrir la perspective du salut pour quelques uns : Noé, sa femme, ses fils et leurs femmes (Gen 6, 8-22). De même, Jésus présente sa venue comme un évènement qui doit arriver pour tous, mais auquel les uns seront prêts pour entrer avec Lui dans sa gloire : « Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée » (Mt 24, 40-41). Le salut de Dieu en Jésus-Christ est donc proposé à tous, mais peu seulement peuvent l’atteindre par des dispositions du cœur dignes de l’accueillir. Comment me comporté-je dans le monde face à la présence de Dieu ?
Un autre élément intéressant de cette comparaison, c’est la référence au caractère imprévisible de deux évènements : les hommes et les femmes du temps de Noé qui ne se préoccupent que des activités de l’homme dans le moment présent, qui passent leur vie de fete en fete, dans une ambiance de plaisirs et de célébrations, sans se soucier de ce qui se passe autour d’eux : « Aux jours de Noé, […] avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis ». Jésus met en garde ses contemporains, et nous-mêmes, contre la tendance de vivre de façon superficielle, sans prêter attention aux signes de la présence de Dieu dans notre vie. C’est la tendance à ne pas reconnaitre la condition passagère de notre nature humaine : Jésus nous exhorte à ne pas renvoyer trop tard la venue du Seigneur, à la fin des temps que nous nous imaginons lointaine, mais à c’est à tout instant que nous devons l’attendre et être prêts à l’accueillir.
C’est pourquoi Il nous invite à la sagesse, c’est-à-dire à savoir discerner les signes des temps et ne pas vivre comme ceux qui « n’en doutent de rien » : « Comprenez-le bien ».
2. Attendre le Seigneur en veillant dans la prière et la sainteté du cœur
Oui, nous devons comprendre bien que le jour du Seigneur arrivera, mais qu’il arrivera à un moment que nous ne connaissons pas. Jésus nous dit donc d’être vigilants pour ne pas être surpris par sa venue imprévisible : « Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient… Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra ». Ici l’Évangile utilise l’image du maitre de la maison et du voleur qui vient de nuit pour percer la maison et voler. Si le premier avait su le moment de la venue du voleur, il aurait veillé pour l’attraper ! Jésus emploie cette image, non pas pour se comparer à un voleur, mais plutôt pour comparer les deux évènements : le vol et la venue du Seigneur. Tous deux sont imprévisibles, ils sont surprenants. Donc comme le maitre de la maison prend toutes les dispositions pour éviter que sa maison et ses biens soient volées, nous aussi Jésus nous exhorter a être sur nos gardes pour que son jour ne nous surprenne pas.
Mais pour nous, il ne s’agit pas de rechercher notre sécurité dans les armes lourdes ou dans les systèmes les plus sophistiqués de sécurité comme le fait le monde d’aujourd’hui, mais d’être prêts et vigilants pour reconnaitre le passage du Seigneur dans notre vie, car il vient chaque instant. Veiller c’est savoir attendre le Seigneur, en priant en tout temps. C’est de sortir du sommeil et des ténèbres du péché pour vivre dans la sainteté, "sans orgies ni beuveries, sans luxure ni débauches, sans rivalité ni jalousie", comme nous le dit saint Paul dans la deuxième lecture. Demandons au Seigneur cette sagesse de savoir attendre son heure avec un cœur vigilant et prévoyant.
Abbé Longin NDUWAZEYU, diocèse Cyangugu